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Revue de presse

 Avec générosité, Philippe Tréhet invite le public
à partager l’intimité de ses créations, qui,
à travers une technique maîtrisée de la danse
et de l’écriture chorégraphique,
visent à faire naître l’émotion.
"Quatre étages" est un programme composé de quatre pièces courtes aux univers à priori fort différents. Elles ont toutefois en commun de s’intéresser, jusqu’à parfois l’exaspération, aux mêmes notions d’intériorité, d’extériorité, d’intimité, à l’idée de frontière entre « le dedans » et « le dehors ». Ensemble elles donnent à voir, chacune à sa façon, un même espace intime toujours changeant.
Les danses développent au fil des interrogations que suscitent les relations sociales qui se nouent – qui se jouent – entre les protagonistes, en rapport avec leurs croyances spirituelles et religieuses, à mesure que les matières environnantes se différencient, minérales ou organiques.
"Quatre Etages" est une proposition conçue spécifiquement pour de petits espaces scéniques. Mais comme un espace, aussi restreint soit-il, ne peut amenuiser la profondeur des sentiments, c’est vers la nature et son immensité, que bien évidemment la danse se tournera, à la fin du dernier étage de ce programme, pour s’assurer de son enracinement, déployant la beauté simple d’une écriture minimale voyageant entre réalisme et poésie.
Quatre pièces courtes, nées de la volonté d’accompagner les petits lieux de spectacle vivant – de plus en plus nombreux à jouer l’option d’une programmation danse – dans leur tentative d’éducation et de constitution d’un public, de leur imposer un parcours initiatique, un chemin d’accès aux formes contemporaines, sensibles du mouvement et de l’émotion.
EN PREMIERE MONDIALE
La nouvelle création du Galet Gris
Comme dans sa dernière création « Hom E », Philippe Tréhet a choisi comme cadre de son nouveau spectacle chorégraphique une maison, dont les « Quatre étages » constituent un champ clos pour des relations humaines complexes et bouleversantes.
Dans sa nouvelle création, Philippe Tréhet invite le spectateur à visiter successivement les quatre étages d’une maison, du rez-de-jardin à la terrasse, un cadre qui lui permet de dresser un état des lieux des relations sociales. Les huit danseurs de la compagnie du Galet Gris ont invité un public de fidèles de la compagnie et d’amateurs de danse contemporaine à en gravir les étages successifs, en imagination cela va sans dire, à la découverte des mystères de la nature humaine et des liens qui unissent divers specimens d’humanité.
Relations humaines
Au rez-de-jardin, les huit danseurs expriment les relations des êtres humains avec les élèments de la nature : l’eau, l’air, la terre, en décrivant des mouvements amples et en jouant sur le poids de leurs corps. Ils cèdent la place à deux couples (successivement deux hommes, puis un homme et une femme), montrant la situation d’un individu désemparé, à qui un autre personnage (un ange ?) vient apporter son soutien, au figuré et au propre (en le portant, en l’accueillant sur son épaule, en le serrant dans ses bras... Ces corps à corps sont l’occasion de compositions sculpturales et de mouvements d’une richesse et d’une précision remarquables.
Les huit danseurs se retrouvent dans une scène finale qui constitue une sorte de rituel d’où jaillira la vie. Devant leurs congénères assis sur des chaises et des canapés, les personnages vont à la découverte l’un de l’autre, se confrontant successivement en un huis clos qui leur permet de matérialiser leurs relations par la danse. Occasion de pas-de-deux éblouissants dans lesquels les protagonistes, d’abord se défient, puis se confondent dans des étreintes d’une grande sensualité.
Message d’espoir
Une œuvre fascinante, qui se termine donc par un message d’espoir et montre qu’il ne faut jamais désespérer de la nature humaine. Le public a apprécié à sa juste mesure ce spectacle chorégraphique, coproduit par le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, dont la réussite repose en grande partie sur la brillante exécution d’une compagnie partiellement renouvelée, venant d’horizons divers (le brésilien Sergio Cruz, l’espagnol David Rodrigo Balsalobre, le vénezuelien Willyo Rodriguez, l’israélienne Naama Crystal, l’australienne Suzanne Holden, et les françaises Dorian Cretey, Nadia Debuf et Florence Issembourg). L’accueil chaleureux que le public lui a réservé, promet de beaux jours à cette création du chorégraphe havrais, que la compagnie va présenter sur différentes scènes d’Ile-de-France (Saint-Quentin, Versailles, Rambouillet,…) de Loire-Atlantique et d’ailleurs.
Mercredi 26 février 2003
BERNARD PERROT – PARIS-NORMANDIE
Danse tout public
Danse tout public en Yvelines
Faire entrer la danse dans la cité, la mettre à la portée de tous : tel est le pari de Temps Danse 78. Une manifestation Yvelinoise qui encourage la création chorégraphique, mais vise, avant tout, à sensibiliser dans le présent et à consolider dans le futur un public pour la danse.
Temps Danse 78 fait partie des (rares) initiatives qui viennent répondre au besoin d’actions de pédagogie et de sensibilisation, capables de combler une lacune souvent ressentie dans ce domaine. Vaste travail, en effet, mené à bien par la Scène Nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines en partenariat avec le Conseil Général du département. Sans oublier Philippe Tréhet, qui fixe, lors des Parcours-Découvertes, un troisième rendez-vous au public Yvelinois, scolaire ou adulte, novice ou avisé. Ainsi, en préambule au temps fort de sa nouvelle création, le chorégraphe et sa compagnie proposent une série d’ateliers, cours, répétitions ouvertes et rencontres-débats qui auront lieu sur et hors scène des quatre théâtres partenaires : l’Espace Maurice Béjart à Verneuil-sur-Seine, le Nickel à Rambouillet, le Théâtre Montansier de Versailles et le théâtre de Villepreux. Tous des lieux culturels qui entrent dans le bal sans grande expérience dans la programmation danse, peut-être, mais certainement, toutes portes ouvertes.
Danse à tous les étages
Temps Danse 78 a trouvé le complice idéal en la personne de Philippe Tréhet. Artiste associé au Théâtre de Saint-Quentin depuis trois saisons, riche de son expérience du Havre où il fut longuement installé, Tréhet a nettement choisi le parti de l’artiste impliqué dans la cité. Il anime l’aventure yvelinoise avec une disponibilité et une générosité rares. Non seulement il livre les clés de sa démarche lors des Parcours, mais il accepte en plus de s’exposer pendant la période fragile de la gestation du spectacle, de livrer l’intimité même de sa création. Cette année, il construit un édifice chorégraphique à Quatre-Etages, quatre univers semblables mais radicalement différents que les spectateurs sont invités à découvrir. Une visite guidée tout public, tel un élargissement d’horizon.
Maria-Daniella Strouthou
Temps danse 78, avec la Compagnie Philippe Tréhet. Quatre Etages de Philippe Tréhet, le 7 mars à 21h00 à l’Espace Maurice Béjart à Verneuil-sur-Seine, le 15 mars à 21h00 le Nickel à Rambouillet, le 18 mars à 20h00 au Théâtre Montansier de Versailles, le 22 mars à 20h30 au Théâtre de Villepreux.
Rens. 01 30 96 99 00
Mars 2003
LA TERRASSE

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